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Découverte

Carnet de voyage en Chine

D 1er octobre 2012     A Marjolaine Guérin    

Tous le mois de juillet, Marjolaine Guérin est partie à la découverte de la Chine, avec son copain chinois Jin Cao. Ils ont sillonné l’est du pays et visité les grandes villes de Pékin et Shanghai. Pour financer en partie son séjour, elle a notamment bénéficié de la bourse d’aide aux projets, dispositif mis en place par la ville de Gonfreville l’Orcher. Découvrez son récit de voyage.

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Marjolaine et Jin dans la cité interdite.
© Marjolaine Guérin

Semaine 1 : Zhejiang

Les céladons de Longquan

Nous consacrons notre journée à la découverte d’un incontournable de l’artisanat chinois : la porcelaine. Ainsi, nous nous rendons dans une fabrique de porcelaine, dans la ville de Longquan. Les fours de Longquan ainsi que les céladons, ces magnifiques céramiques de couleur bleue-verte, font la renommée de cette ville dans toute la Chine depuis la dynastie des Song. Après la visite de l’atelier, le propriétaire des lieux nous invite à boire le thé : une manière de nous souhaiter la bienvenue et de nous accueillir comme il se doit. Autour de nous, des dizaines de porcelaines, boîtes, vases de formes diverses et autres objets de décoration s’alignent dans la vitrine, dans de jolies boîtes en bois vernis richement décorées. C’est ici que le propriétaire m’explique la spécificité de ses porcelaines, et notamment le recours à deux techniques principales de cuisson : celle du vernis craquelé et celle du vernis monochrome, plus connues sous le nom de style Ge et de style Di. La légende raconte que deux frères, nommés Ge et Di (littéralement, le "petit" et le "grand" frère), établis dans la ville de Longquan, décidèrent de se lancer dans leur propre production de porcelaine, en cherchant toujours à améliorer la qualité de leurs céramiques. L’habileté et le talent du grand frère ne tarda pas à piquer la jalousie du plus jeune qui, pour se venger, versa de l’eau dans le four de ce-dernier. En résultat, le vernis se fissura à cause du froid et prit cet aspect craquelé. Pour remédier au problème, Ge décida d’ajouter un vernis de couleur plus foncé afin de combler les fissures. Le résultat, loin d’anéantir son œuvre, donna naissance à un style nouveau, qui connut un succès retentissant. Aujourd’hui encore, on trouve toujours ces deux styles dans tous les musées du pays.

Hangzhou, promenade au bord du Lac de l’Ouest

La ville de Hangzhou, qui compte près de 8 millions d’habitants est la capitale de la province du Zhejiang. Je suis frappée en arrivant par la chaleur moite et l’atmosphère presque étouffante qui y règnent. Quiconque se rend dans la ville de Hangzhou débute sa visite par le Lac de l’Ouest, dont la beauté était déjà vantée du temps de Marco Polo. Les vélos en libre service nous offrent un moyen agréable et économique de faire le tour du lac, dont la superficie totale atteint tout de même une dizaine de kilomètres carrés. Inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, ce lac gigantesque est une oasis de verdure et de fraîcheur dans cette ville qui compte presque autant d’habitants qu’à Paris. Nous nous arrêtons quelques instants devant l’une des attractions les plus connues sur le lac : les fontaines musicales, dont les jets d’eau ondulent au rythme d’airs traditionnels chinois. Le spectacle est encore plus magique à la tombée de la nuit, lorsque les fontaines s’illuminent et que les oiseaux virevoltent entre les jets d’eau pour se rafraîchir. Notre balade à vélo nous révèle une succession de pagodes, de ponts traditionnels, de fleurs de lotus et de bateaux de croisière et nous conduit finalement jusqu’à la pagode Leifeng, dont l’histoire est intimement liée à celle du lac. En effet, on dit que c’est ici que le Serpent Blanc, l’héroïne d’un des contes chinois les plus célèbres, a été enfermé pour toujours. Il nous faut encore gravir les huit étages de cette pagode pour admirer la vue imprenable sur la ville et sur une grande partie du lac.

A la découverte des Temples

Le temple de Lingyin est l’un des plus grands et des plus riches temples bouddhistes du pays. Situé sur l’une des collines de Hangzhou, il abrite un grand nombre de pagodes et de grottes bouddhistes. Nos pas nous conduisent devant la montagne de Felai Feng (qui signifie littéralement "pic volant"), dont les parois rocheuses abritent des centaines de statues gravées dans la pierre. L’endroit doit son nom à un moine Indien, qui arrivé à Hangzhou, cru reconnaître en cette montagne, une autre montagne indienne semblable et qui pensa que cette dernière avait volé jusqu’ici. Le nom est resté, ainsi que la renommée de cette montagne. Les touristes viennent parfois de très loin pour la visiter. Nous admirons les nombreuses statues dissimulées dans la roche, qui représentent pour la plupart des personnages religieux ou mythiques du bouddhisme. L’une des statues les plus connues ici reste celle du bouddha rieur, sculptée à flanc de montagne. Le parc est immense et nous poursuivons notre visite à bord d’un petit train, qui nous dépose à l’entrée d’un monastère encore occupé, dans lequel les temples se succèdent les uns après les autres, en pleine nature. Je suis frappée par la forte odeur d’encens qui règne dans la cours des temples, à côté de grands pots en terre cuite, où sont plantées des fleurs de lotus. Pour les bouddhistes, cette fleur est aussi le symbole sacré du bouddha. Utilisée à la fois en guise d’offrande et d’ornement, il s’agit de l’une des seules plantes aquatiques qui ne peut s’élever et fleurir qu’au dessus du niveau de l’eau. Ainsi, elle représente l’élévation et la pureté.

Semaine 2 : Pékin

Balade dans les parcs et jardins

Les parcs et jardins offrent un aperçu assez édifiant de la vie quotidienne des Chinois. Lieux de rencontres pour les uns, de méditation et de quiétude pour les autres, les parcs sont avant tout des lieux de vie en communauté, où les habitants de Pékin viennent flâner, discuter et se mêler les uns aux autres. Tandis que nous arpentons les allées ombragées dans le parc du temple du Ciel, j’avise un groupe d’hommes jouant au Jianzi : un sport asiatique très populaire où les joueurs doivent se lancer le plus longtemps possible un grand volant à plumes avec les pieds ou toute autre partie de leurs corps, à l’exception des mains. Un peu plus loin, un groupe de personnes âgées pratiquent le Tai-Chi-Chuan. Au détour des sentiers, on rencontre aussi des chanteurs de karaoké, qui reprennent des chansons populaires chinoises, pour le plus grand plaisir des promeneurs. Notre attention est soudain attirée par un petit groupe d’hommes, rassemblés sous un pavillon. En nous approchant, nous découvrons, des joueurs d’échecs chinois et de Mahjong. Là, au milieu de ces joueurs passionnés et concentrés, nous rencontrons un "mai yi ren", ou "vendeur d’art", un de ces maitres de kung-fu qui viennent se faire admirer des touristes par leurs figures impressionnantes. Il faut des années de pratique et une véritable souplesse pour parvenir à prendre ces postures qui enthousiasment petits et grands. Difficile d’imaginer, en me promenant sous les rangées d’acacias, au milieu de ce joli parc tranquille où j’entends les oiseaux chanter, que je me trouve dans la capitale chinoise, qui compte pourtant 20 millions d’habitants ! Ces espaces verts permettent de retrouver un peu de quiétude au milieu de cette ville au rythme frénétique et incessant dont la pollution est souvent décriée.

Perdus dans les hutong !

Je retrouve cette même sensation de calme un peu plus tard, lorsque nous arpentons les "hutong", ces ruelles typiques du vieux Pékin, qui sont le plus souvent organisées autour de maisons à cours carrées privées. Une grande partie d’entre elles ont été détruites au cours du siècle passé, pour laisser place à des constructions plus récentes. Mais en cherchant bien, on en trouve encore dans certains quartiers du centre historique, notamment autour de la Cité Interdite. C’est un plaisir de se perdre dans ces dédales de rues, où l’on croise nombre de marchands et des cyclo-pousses, ces petites carrioles tirées par un vélo. En flânant dans les petites rues, je réalise que c’est cela qui me plaît tant à Pékin : ce mélange de modernité et de traditionnel, qui se rencontrent d’une rue à l’autre.

La Cité Interdite

Située en plein cœur de Pékin, la Cité Interdite est un point de passage incontournable pour qui veut appréhender ce qui fit la grandeur de l’Empire du Milieu pendant plus de cinq siècles. On y accède par la porte Tian’an Men, où trône le portrait de Mao Zedong, face à la place du même nom, rendue célèbre par la répression étudiante de 1989. Le palais est une véritable merveille architecturale, où les bâtiments en bois, de couleur pourpre rivalisent de beauté. En arpentant les cours immenses qui mènent au cœur de la Cité Impériale, je ne peux m’empêcher d’imaginer la stupeur et l’admiration mêlée de crainte que devaient ressentir les invités qui pénétraient dans cette gigantesque enceinte. L’endroit est très touristique et bien qu’il soit encore tôt le matin, il y fait déjà une chaleur écrasante. Alors que j’entre dans la cour principale de la Cité, qui donne sur le Palais de l’Harmonie Suprême, j’assiste à un autre genre de spectacle. C’est un défilé d’ombrelles de toutes les tailles et de toutes les couleurs, qui se déroule sous mes yeux. En effet, les femmes asiatiques, soucieuses de se protéger du soleil, n’hésitent pas à sortir leur ombrelle dès les premiers rayons. Partout, sur les frontons des bâtiments, on trouve le dragon à cinq griffes, le symbole impérial par excellence. Rien n’est laissé au hasard dans ce grand ensemble architectural : les couleurs des bâtiments, les statues, les nombres ainsi que la géométrie et l’espace, chaque détail est un symbole à lui tout seul. Et c’est un exercice intéressant de les reconnaître et de les déchiffrer, à condition d’avoir quelques notions préalables sur l’histoire de la Cité et des empereurs qui s’y sont succédés.

Semaine 3 : Guangxi

Croisière sur la Li Jiang

Nous embarquons pour une croisière sur la rivière Li, qui part de Guilin, la capitale de la province du Guangxi, pour nous emmener au village de Yanshuo, où nous poserons nos valises pour quelques jours. Le voyage en bateau dure 4 heures et s’étale sur 60 kilomètres. Le rythme de croisière plutôt lent nous permet d’admirer la beauté ainsi que la diversité des paysages traversés : villages nichés au pied des montagnes, rizières et bambouseraies à perte de vue. La région est surtout célèbre pour ses monts karstiques qui bordent la rivière et dont les reliefs sculptés par l’érosion prennent des formes aussi originales que variées. Sur le pont du bateau, je tente avec le reste des passagers, de deviner dans les façades escarpées et rocheuses des objets, des personnages, ou encore des animaux. Tout est une question d’interprétation : il suffit de se laisser guider par son imagination. Après quelques minutes, je crois apercevoir au loin une pomme géante, qui, dit-on, serait tombé de la table d’un festin des dieux. Un peu plus loin, les pics escarpés des montagnes semblent évoquer les quatre personnages du "Voyage à l’Ouest", célèbre roman classique chinois. Au fil de la rivière, nous croisons de nombreux bateaux de tourisme, de petites embarcations mais aussi de simples radeaux de bambous, utilisés pour la pêche. Les paysages majestueux qui se succèdent sont d’une beauté à couper le souffle et je retrouve là les paysages traditionnels de la Chine rurale, comme on peut en voir dans les livres de voyages ou de géographie. Ces paysages tiennent une place très importance dans l’imaginaire collectif chinois, à tel point que l’on retrouve un embranchement de la rivière sur le billet de 20 yuans.

Escapade dans la Chine rurale

Nous nous rendons dans le petit village de Fuli, situé à une vingtaine de minutes de Yanshuo. Pour cela, nous louons un scooter électrique pour la journée. Les quelques kilomètres de route qui mènent au village sont une véritable aventure ! La conduite s’avère facile, à condition d’éviter les camions qui nous frôlent le long de la route et de ne pas hésiter à klaxonner de ci-de là, pour nous faire une place sur la chaussée.
C’est en arrivant sur place, au détour d’une petite rue escarpée, que nous rencontrons Mme Ding. Cette femme, âgée d’une cinquantaine d’années, nous introduit dans son atelier, spécialisé dans la fabrication d’éventails, depuis 5 générations. Elle me présente avec fierté ses œuvres : des éventails de toutes les tailles possibles et imaginables, ainsi que des rouleaux de papiers décorés à l’encre de Chine. Elle nous explique que dans cette petite entreprise familiale, tout est réalisé à la main, et nous montre toutes les étapes de fabrication, depuis l’assemblage des tiges de bambous et du papier jusqu’à la peinture sur les éventails. Je retrouve sur les dessins qui les ornent, les paysages typiques du Sud de la Chine, que j’ai eu tant de plaisir à contempler quelques jours auparavant. Dans la rue, on trouve d’autres boutiques d’artisanat local. Comme la plupart des habitants de Fuli, Mme Ding vit du tourisme et a l’habitude de rencontrer des étrangers. Aussi accepte-t-elle volontiers de poser pour moi, le temps d’une photo, avant que nous reprenions la route.

Avant de poursuivre notre chemin, nous décidons de nous engager encore un peu plus loin dans ces petites rues étroites et poussiéreuses en suivant les villageois. A ma grande surprise, le chemin aboutit à un véritable petit coin de paradis ! Sans le savoir, nous avons atteint la rivière qui borde le village, où les villageois viennent se rafraîchir. A quelques mètres seulement, des buffles broutent paisiblement l’herbe sèche. De l’autre côté de la berge, j’aperçois des pêcheurs et des paysans qui ramassent des algues. La vue de ceux-ci qui portent le "douli", ce fameux chapeau conique qui les protège du soleil et de la pluie, me rappelle que nous ne sommes pas très loin du Viêtnam. Le temps semble s’être arrêté au bord de cette rivière, au milieu de ces montagnes grandioses. Sortir des sentiers battus reste parfois la meilleure façon d’avoir de bonnes surprises !

Semaine 4 : Shanghai

Retour à la civilisation

C’est en avion que nous atteignons Shanghai, notre dernière destination. Tandis que nous approchons, je contemple par la fenêtre cette immense mégapole, qui semble s’étaler à l’infini. On dit qu’à Shanghai, le mètre carré vaut de l’or et l’on comprend pourquoi lorsqu’on arpente les grandes artères de cette ville ultra moderne, qui est aussi la plus peuplées de Chine. Le métro reste le moyen de transport le plus rapide pour se déplacer. Heureusement, le nom des stations est écrit en "pinyin", la transcription en lettres latines des caractères chinois, ce qui permet de trouver son chemin plus facilement. Après un bref passage dans la luxueuse artère commerçante de Nanjing Lu, nous arrivons sur le Bund. Cette célèbre avenue est bordée par des dizaines de riches bâtiments de style occidental. De la promenade qui longe l’avenue, on aperçoit le quartier moderne de Pudong, que le fleuve Huangpu sépare du reste de la ville. Il s’agit du centre économique de Shanghai, hérissé de gratte-ciels impressionnants.

Un coin de verdure dans la Mégapole

Contrastant avec cette modernité, le beau jardin Yu est un havre de paix au cœur de la ville. Ce jardin traditionnel chinois, construit sous la dynastie des Ming, découvre à travers une succession de portes à la forme arrondie, des pavillons, des rocailles, au milieu des arbres et des massifs de fleurs. Je remarque la présence de carpes de couleur rouge et de tortues dans les étangs qui traversent le jardin. Ces deux animaux sont très appréciés des Chinois, car ils portent chance et sont considérés comme bénéfiques. Le déplacement lent des tortues fait écho à l’atmosphère tranquille qui règne dans ce lieu, qui semble inviter à la méditation.

Récit et photos : Marjolaine Guérin.

Pour financer une partie de son séjour en Chine, Marjolaine a bénéficié de la Bourse d’Aide aux Projets, dispositif mis en place par la ville de Gonfreville l’Orcher. Plus de renseignements auprès de l’accueil du Point Information Jeunesse au 02 35 13 18 27.

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  • Les céramiques, sublimées par le savoir-faire de l'artisan, (...)
  • La carpe est un symbole de richesse, souvent reproduite sur les objets (...)
  • Quelques visiteurs, venus admirer les fontaines musicales du Lac de (...)
  • Le lac de l'Ouest
  • Le bouddha rieur, sculpté à flanc de montagne.
  • Aux abords des temples, la fleur de lotus est la fleur sacrée du (...)
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